Intervention de Gérald BLONCOURT-
-
Mesdames, Messieurs,-
C'est une lourde responsabilité qui m'échoit ce soir. Ce n'est pas de gaîté de coeur
que je viens devant vous pour mettre en cause un homme qui fut dictateur de mon
malheureux pays, le plus pauvre du continent américain, l'un des quatre pays les
plus misérables du monde. Trop de souvenirs durant ces plus de quarante années
de luttes incessantes pèsent dans ma mémoire. Trop de voix de mes camarades,
tombés pour redonner à notre pays liberté, espoir et dignité, hantent mes souvenirs.
Trop de témoignages accablants se sont entassés jusqu'au plus profond de mon
être pour qu'à cet instant , même la satisfaction d'avoir abouti à poser enfin devant
l'humanité toute entière l'accusation d'un régime qui ne s'est appuyé que sur la
terreur et le crime, vienne me réjouir. Ces instants sont pour moi pathétiques et
graves. Il s'agit de dénoncer des "Crimes contre l'Humanité", il s'agit de parler du
massacre de dizaines de milliers de personnes, il s'agit de dire les tortures, les viles
liquidations d'êtres qui, pour nombre d'entre eux , ont eu le tort de vouloir la
démocratie pour notre pays. Je sais que je vais avoir à me servir de mots. Je sais
qu'il est de mon devoir de tenter de traduire ce que l'immense majorité des habitants
de ma terre natale, encore bâillonnée, attend d'entendre prononcer, attend d'attendre
réclamer afin que justice soit faite. J'espère être à la hauteur de cette tâche. J'espère
que vous comprendrez l'émotion qui m'étreint ce soir. J'espère que les petits enfants
des bidonvilles de Port-au-Prince sauront un jour que nous avons fait ici, ce soir,
notre devoir.
Haïti, terre de la première révolution victorieuse des esclaves et des affranchis, Haïti,
creuset culturel où se sont brassés, Taïnos, Caraïbes, Espagnols, pirates et
flibustiers français, canonniers anglais et plus de trente ethnies venues d'Afrique et
déportées dans l'enfer de l'esclavage, ne s'est pas encore remise du désastre d'une
des dictatures les plus sanglantes, les plus guignolesques aussi, établie aux vues et
aux sus de l'Occident Démocratique et maintenue avec sa complicité et son
acceptation.
En 1986, les mains nues, le peuple haïtien a "déchouké" celui qui durant quinze ans
avait succédé à son père. La France, les Etats-Unis d'Amérique et le Canada, ont
protégé sa personne et l'ont convoyé vers l' Europe. Tous les pays ont refusé de
recevoir ce personnage dont on connaissait le régime corrompu qu'il avait assumé
pleinement en tant que "Président à vie", et que la plupart des médias internationaux,
la plupart des grandes organisations, comme par exemple Amnesty International, les
résistants haïtiens patriotes et démocrates, l'ONU même, avaient tant de fois
dénoncé. Mais seule la France a accepté de l'héberger pour "huit jours" disait à
l'époque le premier Ministre. Cela fait douze ans!!! Seule la France!!!... Et cela fait mal
à la conscience du Monde. Cela fait mal au coeur de tous les hommes, de toutes les
femmes qui ont toujours considéré en elle, la patrie des Droits de
l'Homme.
Heureusement que des milliers de Francaises et de Français se sont en
contre-partie montrés solidaires du peuple haïtien en participant à des
manifestations ou en s'exprimant par des pétitions.
Les grandes puissances, citées plus avant, agissant de concert pour leurs propres
intérêts politiques, militaires et stratégiques, dans la région des Caraïbes, par crainte
que cette révolution ne se radicalise, ont remplacé Duvalier par les Duvaliéristes
eux-mêmes. Son chef d'Etat-Major, le général Namphy lui a succédé.
Depuis l'arrivé de ce dictateur sur le territoire français nous n'avons cessé de
réclamer qu'il soit traduit devant la justice. Il a fallu l'affaire Pinochet pour qu'enfin on
nous entende.
Dès 1986, dès son arrivée en France, nous avons tenté de nous associer à une
démarche qui visait à poursuivre Monsieur Duvalier en justice pour récupérer son
immense fortune, estimée à l'époque par certains médias et des gouvernants
haïtiens eux-mêmes, à plus de 800 millions de dollars. Nous avons purement et
simplement été éliminés de cette entreprise et le procès n'a jamais abouti.
A ce propos savez-vous ce que représente une somme aussi considérable? Je le
disais lors de la grève de la faim de patriotes haïtiens en l'église de St-Mérri, en
1981, lors d'une conférence de Presse : "à raison de 5.OOO nouveaux francs par jour,
soit un demi millions de centimes, je dis bien "par jour" !!!... il lui aurait fallu
commencer à dépenser sa fortune avant la naissance du Christ et encore, je ne
compte pas les intérêts produits. "
Aujourd'hui on le dit ruiné. Beaucoup d'éléments nous donnent à penser que c'est
sans doute vrai quand à la masse de ce capital. Nous avons quelques idées pour
tenter de comprendre comment ce pactole a fondu. Des rumeurs laissaient croire
que Jean Claude Duvalier était "clochardisé". Son avocat lui-même l'a démenti. Et
chacun d'entre nous sait ce soir qu'il dispose de voiture pour faire quérir tel
journaliste et lui accorder une interview. Chacun sait qu'il a été aperçu il y a peu de
temps dans tel grand restaurant etc... Et tout le monde sait aussi qu'il a les moyens
de sa fuite et la complicité de ceux qui l'aident à se cacher.
Mais laissons ces détails de côté. Nous avons collecté les noms de plusieurs
victimes qui ont été arrêtées durant son règne. Deux d'entre elles ont été incarcérées
à Fort-Dimanche, qualifié par la presse internationale de Mattahausen d'Haïti. Ces
victimes vivent en France et répondent aux exigences de la jurisprudence établie lors
de la mise en accusation de Pinochet. Pour des raisons de sécurité évidentes, nous
taisons l'identité de ces victimes jusqu'au dépôt de plaintes .Nous donnerons par
contre, la parole, dans un instant, à une autre victime qui a tenu à affirmer, dès ce
soir, sa volonté de parler de son cas.
Nous n'avons pas à nous faire les justiciers dans cette affaire. Cest à la Justice de
faire son travail. Notre avocat est Maître Basile ADER du Barreau de Paris. Nous
avons confiance en lui. Il est chargé de nous représenter et de nous conseiller. Notre
Comité recense actuellement d'autres victimes et par l'intermédiaire de notre avocat
elles vont déposer des plaintes du chef de sévices , tortures etc.
Un groupe de mes amis travaille actuellement à dépouiller et mettre en ordre un
énorme dossier qui nous permettra prochainement de fournir des listes
considérables et impressionantes de noms de victimes, assassinées,
emprisonnées, torturées, disparues, sous la dictature de Duvalier fils qui seront
fournies à notre avocat.
Nous sommes convaincus, pour avoir participé au combat du peuple haïtien pour se
libérer de cette dictature, qu'il y a eu trop de morts et de victimes pour que nous n'en
soyons pas solidaires. Ces luttes ont été les nôtres. Je veux évoquer, pour conclure,
comme je l'ai fait dans chacune de mes interventions , le souvenir de l'immense et
talentueux écrivain Jacques Stéphen Alexis, massacré avec 4 de ses compagnons
dans le Nord-Ouest d'Haïti, par les macoutes de Duvalier père, et dont les corps n'ont
jamais été retrouvés. Ils sont toujours portés disparus. Jacques et moi fûmes frères
de lutte et d'espérance. J'ai juré, qu'en toutes circonstances, je ferai revivre son
souvenir!... que je rappellerai en même temps ceux, connus et inconnus, qui sont
morts, vilement torturés, vilement liquidés par ces bourreaux et autres sicaires à la
solde de ce régime honni.
Je veux encore évoquer celui que nous avions surnommé "l'Homme à la montre" qui
à deux reprises a connu les geôles de Fort-Dimanche, et sous Duvalier Père et sous
Duvalier fils! Je veux citer son ex-femme portée disparue, qui a ressurgi de cet enfer
dix ans après! C'était encore sous le règne de Bébé Doc.
Non, vos noms ne seront pas tombés dans l'oubli. Ni les vôtres, ni ceux des victimes
qui ont jalonné l'histoire des quarante dernières années de notre pays. Gloire à vous,
amis, camarades, compagnons! Je suis ici, ce soir, pour vous et pour tout notre
peuple d'Haïti.
Gérald BLONCOURT
.
TEXTE FONDATEUR
APPEL DU COMITÉ
POUR JUGER DUVALIER
Cinquantenaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme,
reconnaissance générale que les crimes contre l'Humanité sont imprescriptibles,
affaire Pinochet, tout attire l'attention sur les dictateurs existants ou survivants.
En France même, n'y a-t-il pas depuis plus de douze ans, un autre coupable de
crimes contre l'Humanité jouissant d'une sorte de "droit d'asile" : Jean-Claude
Duvalier, dictateur d'Haïti pendanr 15 ans? Héritier du "Président à vie" François
Duvalier.
Ne serait-il pas juste que lui aussi soit enfin jugé?
Un appel a été lancé le 28 novembre lors d'une assemblée convoquée par les
associations "Pour Haïti" et "La Maison d'Haïti", au 94 rue Jean-Pierre Timbaud, à
Paris, pour que Jean-Claude Duvalier réponde enfin de ses crimes contre
l'Humanité.
Il a été aussitôt approuvé par l'assemblée.
C'est sur cette base que s'est constitué un Comité pour la mise en jugement de
Jean-Claude Duvalier, composé de :
Jean Pierre Faye, Directeur de recherche au CNRS et fondateur de l'Université
Européenne de la Recherche
Yves Benot, historien
Florence Gauthier, historienne et professeur d'histoire à l'Université Paris VII
Gérald Bloncourt, écrivain, peintre, poète, journaliste, exilé d'Haïti
Le comité se propose de convoquer une conférence de presse dans les prochains
jours pour communiquer des informations et alerter l'opinion.
Il juge que c'est d'autant plus nécessaire que les risques de tentations autoritaires
peuvent encore ressurgir en Haïti, sous d'autres formes.
Paris- Mardi 8 Décembre 1998
SIGNATURES:
MEMBRES DU COMITE
POUR JUGER DUVALIER
au 10/1/99
MEMBRES DU CA:
1- Monsieur Gérald BLONCOURT (Journaliste)
2- Pasteur Jean Marc NUMA (Journaliste)
3- Monsieur Ilofils ALEMY (Economiste)
4- Madame Florence GAUTHIER
(Historienne-Maître de Conférences)
5- Révérend Père René SOLER (Spiritain et
Producteur-réalisateur)
6- Madame Isabelle REPITON (Journaliste)
7- Monsieur Léon AUGUSTE
(Universitaire-Historien)
8- Mademoiselle Saïda ADJED (Commerciale)
9- Madame Claude MANGIN (Professeur)
MEMBRES DU BUREAU:
Président et Porte-parole: Gérald BLONCOURT
Président-adjoint: Marc NUMA
Secrétaire: Ilofils ALEMY
Trésorière: Florece GAUTHIER
Relations Franco-Haïtiennes: René SOLER
suivent les membres du Comité dont l'essentiel de la liste se retrouve page 21
***************************
"LETTRE OUVERTE".
Paris le 8 avril 1999
A la suite d'un courrier du Ministre de l'Intérieur, Monsieur Chevènement, au Député
Maxime Gremetz, que nous publions ci-dessous, le COMITÉ POUR JUGER
DUVALIER, estimant qu'il s'agit d'une affaire importante et grave en regard de la
conscience mondiale puisqu'il s'agit d'un ex-dictateur, fait savoir à l'opinion publique
française et internationale les questions qu'il lui semble devoir poser, pour enfin
connaître la position des autorités françaises qui sont restées jusqu'à présent quasi
silencieuses ou alors qui se sont contentées de rares déclarations évasives.
LE MINISTÈRE
CAB/QP/JPC/CE/N°54
Paris, le 25 Jan 1999
Monsieur le Député,
Par lettre du 25 décembre 1998, vous appelez mon attention sur la situation de
M. Jean-Claude DUVALIER.
A ma connaissance, l'intéressé, présent sur le territoire français depuis le 14
février 1986 s'est vu notifier un arrêté d'expulsion assorti d'une assignation à
résidence. L'arrêté d'expulsion a été annulé par jugement du Tribunal Administratif de
Grenoble en date du 8 avril 1987, ce qui a amené mon prédécesseur à abroger
l'assignation à résidence le 15 mai 1987. Par ailleurs, le statut de réfugié qu'il a
sollicité, lui a été refusé.
Bien entendu, s'il fait l'objet d'un contrôle sur le territoire français et
qu'il ne possède pas de titre de séjour, il est susceptible de voir engager à son
encontre une procédure de reconduite à la frontière, comme tout étranger en situation
irrégulière et dans les mêmes conditions.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Député, l'expression de mes
sentiments les meilleurs.
Jean-Pierre CHEVENEMENT
à
Monsieur Maxime GREMETZ
PARIS Député de la Somme
ASSEMBLÉE NATIONALE
Palais Bourbon
*******************************
QUESTIONS à:
Monsieur le Président de la Répulique Française,
Monsieur Jacques
CHIRAC,
Monsieur le Ministre de l'Intérieur,
Monsieur CHEVENEMENT,
au Premier Ministre, Monsieur Jospin
et aux memebres du Gouvernement Français
1- Comment se fait-il que le Tribunal Administratif de Grenoble ait annulé l'arrêté
d'expulsion ? En vertu de quoi ?
2- Comment se fait-il et pour quelles raisons le prédécesseur de M. Chevènement
a-t-il abrogé l'assignation à résidence ? Comment M. Chevènement accepte-t-il aussi
simplement un tel état de fait ? Comment ne s'est-il jamais inquiété du cas Duvalier
depuis qu'il est Ministre de l'Intérieur ? Heureusement encore que le statut de réfugié
lui a été refusé.
3- Comment sont menées les enquêtes de la police française s'occupant de la
surveillance du territoire si elles s'avèrent incapables de situer le lieu de résidence
de M. Duvalier ? Y a-t-il eu seulement une quelconque recherche ? Pourtant plusieurs
journalistes l'ont rencontré et on sait que l'ex-dictateur déjeune au restaurant avec
ses partisans, dans la banlieue parisienne; qu'il tient des réunions avec ses sbires
pour leur donner des directives afin qu'ils se répandent dans la communauté
haïtienne de la région parisienne pour tenter de discréditer notre Comité.
4 - Comment est-il possible qu'un Ministre de l'Intérieur ne sache pas si Monsieur
Duvalier, (alors que le monde entier est au courant qu'il a été renversé par un
soulèvement populaire, et qu'il demeure en France), possède ou non un titre de
séjour? Nous voulons bien que M. Chevènement ne soit pas au courant de la
situation de tous les sans papiers, mais tout de même il s'agit d'un ex-dictateur dont
le régime a été dénoncé par la presse internationale, par de nombreuses
organisations telle Amesty-International, comme ayant été dirigeant d'un pays ou
étaient en permanence violés les droits humains, ou des assassinats étaient
régulièrement commis en violation de toutes règles démocratiques. Que font les
services dépendant du Ministre de l'Intérieur s'ils ne sont pas capables de l'informer
alors qu'il a à répondre aux questions d'un Député ? Comment est-il possible que le
Ministre ne prenne pas lui-même l'initiative d'interroger ses services et d'exiger d'eux
des renseignements précis ?
5- N'est-il pas pensable que si les déclarations du Ministre de l'Intérieur sont un jour
prises à la lettre à la suite d'un contrôle policier, que M. Duvalier soit purement et
simplement reconduit à la frontière, échappant ainsi à la Justice, n'ayant de cette
façon plus à répondre des accusations qui pèsent contre lui de "crimes contre
l'humanité" par ailleurs imprescriptibles? Malgré les ambiguïtés du gouvernement
que nous dénonçons dans les points 1, 2 et 3 et 4 la position du Comité est d'exiger
que J.C. Duvalier présent en France et ayant jusqu'à présent bénéficié d'intolérables
soutiens, soit jugé sur place et selon les lois françaises notamment selon la
Convention de Nuremberg de 1945, et d'autres conventions internationales contre les
"crimes contre l'humanité" dont la France est signataire.
6- M. Duvalier, déjà poursuivi pour grivèlerie par un hôtelier de Grasse (lequel a
déclaré à la Presse avoir reçu des menaces de services policiers français), poursuivi
également par M.Jacques SAMYN qui l'a cité à comparaître le jeudi 11 mars 1999 ,
fait fi des convocations devant les tribunaux français. De quel soutien, ou même de
quelles complicités bénéficie-t-il ?
7- En 1987, un journaliste du journal le Monde auteur des "Carnets de Madame
Duvalier" qui a énormément contribué à la chute de la dictature haïtienne, avait confié
: "Duvalier a des prête-noms dont certains sont propriétaires d'appartements luxueux
dans les beaux quartiers de Paris" . D'autres ont-ils poursuivi son enquête? Ces
"prête-noms" sont-ils ces complices qui aident aujourd'hui Duvalier et influent pour
l'aider non seulement à se jouer des autorités, mais encore à bénéficier de cette
sorte d'impunité?
Ces questions sont demeurées
sans réponse de la part des
autorités françaises.
*****************************
Nous livrons ce communiqué, en fait "lettre ouverte", à la Presse. Nous souhaitons
provoquer ainsi la réaction des autorités françaises afin d'obtenir des réponses
claires, car jusqu'à présent (depuis le mois de novembre) nous n'avons jamais été
contactés par elles, malgré une campagne très médiatisée.(Là encore Monsieur le
Ministre de l'Intérieur a-t-il été tenu au courant ?) Nous signalons également à
l'opinion publique que depuis la mise en route des actions de notre Comité, nous
n'avons eu de rapports qu'avec les services de la Préfecture de Police, à trois ou
quatre reprises, qui désiraient savoir nos intentions lors de notre meeting place de la
Bastille avec la Coordination latino-americaine, et lors de notre Assemblée Générale
prouvant ainsi que nous étions connus et reconnus par ces services. Nous sommes
d'ailleurs une Association déclarée mentionnée au Journal Officiel.Jamais aucun
membre du gouvernement, aucun organisme dépendant du pouvoir (en dehors des
services de police) n'a daigné nous donner signe de vie. C'est comme si nous
n'existions pas. Est-ce parce que nous dérangeons ? Ce qui expliquerait qu'on
préfère nous laisser dans l'ombre en espérant que nous nous lasserons et que notre
mouvement s'épuisera. Certains de nos membres mènent la lutte depuis plus d'un
demi-siècle contre les dictatures haïtiennes qui se sont succédés, ce qui prouve
notre obstination et notre volonté de lutter sans relâches contre ces assassins. Cela
laisse prévoir que nous mèneront cette lutte encore longtemps et que nous serons
de plus en plus nombreux pour réclamer que Duvalier soit jugé et que justice soit
rendue au peuple haïtien. Ce message sera diffusé sur notre site internet et à tous
nos correspondants dans le monde entier. Que ceux qui veulent nous soutenir se
fassent connaître. Nous tenons tous les premier et troisième vendredi du mois, avec
nos amis de la Coordination latino-americaine (qui regroupe de nombreuses
arganisations qui luttent contre les dictateurs et les ex-dictateurs de l'Amérique du
sud) un "sitting" devant l'Opéra-Bastille à partir de 2O heures. Rejoignez-nous!
Pour le COMITÉ:
Président et Porte-parole: Gérald BLONCOURT
Président-adjoint: Jean-Marc NUMA
Secrétaire: Ilofils ALEMY
Trésorière: Florence GAUTHIER
Relations Franco-Haïtiennes: René SOLER
Responsable dossier victimes: Adrienne GILBERT
Conseiller (historien): Jean-Léon AUGUSTE
Conseiller (philosophe): Joseph SAINT-FLEUR
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Jean-Claude Duvalier,
un sans-papiers en attente
de
régularisation
C'EST UN SANS-PAPIERS Il fait partie des 143 000 étrangers qui ont déposé une
demande de régularisation, depuis juin 1997. Il a confié son dossier à la préfecture
des Hauts-de-Seine, au début de cette année. Il est arrivé en France, le 7 février 1986,
dans un avion de l'US Air Force, avec sa femme Michèle et ses deux enfants.
Jean-Claude Duvalier, ex-président d'Haïti (1971-1986), a été accueilli, ce soir-là vers
21 h 15, sur le tarmac de l'aéroport de Grenoble, par le préfet de l'Isère de l'époque,
Jean Mingasson. Il faisait très froid, alors que le représentant de la République
s'occupait des formalités et signait lui-même les documents administratifs autorisant
le singulier voyageur et sa suite à séjourner sur le territoire français.
Les autorités de l'époque ont répété à l'envi que le dictateur déchu, chassé d'Haïti
sous la pression de la rue, ne bénéficiait pas d'un asile en France et que son séjour
n'était qu'un transit de quelques jours " vers une destination encore inconnue ". Si le
droit d'asile et le statut de réfugié politique lui ont été refusés en 1987, le ministre de
l'intérieur, Pierre Joxe, ne parvenait pas en avril de la même année. à obtenir "son
expulsion en urgence". Le Tribunal administratif de Grenoble avait débouté le
ministre de sa demande; il l'obligeait même à lever l'assignation à résidence dont
Baby Doc faisait l'objet.
Après cet épisode juridique, l'ancien dictateur a coulé des jours tranquilles entre
palaces et villas somptueux, d'abord dans le sud de la France et ensuite dans la
région parisienne. Il s'est astreint pendant toutes ces années à une relative
discrétion. Les vrais ennuis ont surgi en décembre dernier, avec la constitution à
Paris d'un "Comité pour juger Duvalier." Deux mois après l'arrestation à Londres de
l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, des Haïtiens réfugiés à Paris se fixaient
pour but d'engager des poursuites contre l'ancien président à vie.
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"IMPÉCUNIEUX"
En l'état actuel de la jurisprudence, les quatre plaintes pour " crimes contre
l'humanité" déposées, le 10 septembre, contre Jean-Claude Duvalier, ont peu de
chance d'aboutir. En revanche, sa situation irrégulière en France est devenue une
menace qu'il a souhaité écarter au plus vite. Dans une réponse écrite au député
communiste Maxime Gremetz, le ministre de l'intérieur, Jean-Pierre Chevènement,
indiquait que si Jean-Claude Duvalier "fait l'objet d'un contrôle sur le territoire français
et qu'il ne possède pas de titre de séjour, il est susceptible de voir engager à son
encontre une procédure de reconduite à la frontière".
Au ministère de l'intérieur, on se passerait volontiers de ce dossier encombrant.
Juridiquement, selon les critères de la loi du 11 mai 1998, la demande de
Jean-Claude Duvalier est fondée et les services du ministère en sont encore à
chercher la faille. "Il n'y a pas eu de rejet de la demande, le préfet a simplement
demandé des précisions", assure Me Sauveur Vaïsse, le conseil de Jean-Claude
Duvalier. Son client peut, en effet, justifier plus de dix ans de présence continue en
France; ses deux enfants vivent à Paris; il détient un permis de conduire délivré par
une préfecture française; il a payé des impôts régulièrement jusqu' en 1992; il s'est
acquitté de taxes d'habitation. Et si aujourd'hui "il est impécunieux", selon l'un de ses
proches, il n'en a pas moins reçu des courriers de l'administration fiscale, pour les
années 1996 et 1997.
Dans le cas d'un refus, la bataille juridique promet d'être homérique.
Alain Abellard (Journaliste, "LE MONDE")
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Cet article démontre que des membres du gouvernement français et des autorités de
certains services français sont pris en flagrants délit de mensonge lorsqu'ils
affirmaient, il y a peu de temps encore, aux journalistes, qu'ils avaient perdu la trace
de Duvalier et qu'ils ignoraient tout de son lieu de résidence.
Comment cela est-il possible, puisqu'il s'agit d'un "contribuable" comme les autres,
avec permis de conduire, et de surcroît, déposant une demande de régularisation de
sa situation?
Pourquoi une telle attitude? Pourquoi cela est-il tellement embarrassant? Il y a des
réponses. Nous faisons confiance à la Justice et aux médias pour nous les donner à
notre place.
Aujourd'hui, nous apprenons que Jean Claude Duvalier est dans son droit lorsqu'il
réclame des papiers en bonne et due forme! La loi le lui permet!!!!! Nous attendons
impatiemment de savoir si les autorités françaises vont appliquer cette loi et fournir à
ce dictateur déchu, chassé par son peuple, ex-président-à-vie d'un pays où ont été
torturées et massacrées des centaines de victimes, s'étant enrichi par millions de
dollars, des documents lui permettant d'aller et venir comme n'importe quel citoyen!
Que penser de ces autres haïtiens, africains, turques, maghrébins, etc... qui se
trouvent aujourd'hui en situation irrégulière, que la misère a poussé à chercher asile
en France, et qui risquent eux, pour de bon, d'être expulsés?
Nous en appelons à la conscience du Peuple de France, nous en appelons à tous
les démocrates, à tous ceux et celles qui exigent le respect des Droits de l'Homme, et
dénoncent ces "agissements dans l'ombre" de certains gouvernants de ce
pays.
Nous posons la question également à Monsieur Fabius qui fut premier Ministre,
lequel déclarait en 1986 que Duvalier n'était là que pour huit jours!!!! Nous posons la
question à l'actuel Premier Ministre, M. Jospin, qui à cette époque, à la radio et même
à la télévision, nous expliquait et tentait de justifier la décision du gouvernement
français qui avait - disait-il- - voulu éviter un bain de sang, permettant ainsi l'accueil
de ce dictateur sur le sol français!
Que sont devenue ces promesses embarrassées d'antan? Jean-Claude
Duvalier est toujours là! Plus que jamais là! Assez de mensonges! Assez de
manoeuvres souterraines!
Jean-Claude Duvalier doit être jugé! Nous réclamons justice pour notre peuple!
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J.C. DUVALIER
coupable de grivèlerie !
LE GERANT DE
L'HOTEL RESTAURANT
L'EDEN BLEU
ADHERE AU
"COMITE POUR JUGER DUVALIER"
M. Patrick BUDAIL, gérant de l'EDEN-BLEU, victime des escroqueries
de J.C. Duvalier adhère à notre COMITE et nous fournit des preuves
accablantes contre son "client".
Voici le texte de son message:
"Je vous communique l'historique et quelques pièces du dossier de Monsieur J.C.
Duvalier: Monsieur Duvalier et sa mère sont arrivés dans notre établissement sous
l'identité suivante: Madame et Monsieur VALERE .
La so